Le fonctionnaire est-il un gaz parfait?

« On se plaint sans cesse de ce que nous manquions d’hommes pratiques; on dit que nous avons, par exemple, beaucoup d’hommes politiques, et que toutes sortes d’administrateurs, on en trouve autant qu’on veut. On dit même qu’il est absolument impossible d’établir une administration tant soit peu convenable dans une quelconque compagnie de navigation. (…) Il semblerait qu’il y en a tellement, des services dans les administrations publiques, que cela fait peur rien que d’y songer; tout le monde a été, est, ou compte devenir fonctionnaire. »

– Dostoïevski, L’Idiot, III, 1

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Les petites histoires font les grandes crises

 

Que vous soyez économiste ou non, vous avez entendu parler de la crise de 2007. Vous connaissez des histoires, des anecdotes, des « légendes urbaines » qui en exemplifient les mécanismes : celles de traders qui spéculent de manière excessive, de familles américaines mises à la rue, de banques malhonnêtes. Vous connaissez d’autres crises et phénomènes économiques à travers d’autres récits. La crise de l’Etat providence et de l’endettement public vous rappelle cette histoire du fonctionnaire de Sainte-Savine payé « à ne rien faire ». En pensant aux inégalités, c’est peut-être la fameuse étude d’Oxfam qui vous revient à l’esprit – huit personnes possèderaient autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Et lorsqu’on vous demande quelle part de la population française est de confession musulmane, vous êtes susceptible de donner une réponse proche des 30% (comme le Français moyen).

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La peur des réfugiés ne peut pas être une politique

            « 1 million de chômeurs, c’est 1 million d’immigrés de trop ! La France et les Français d’abord ! », pouvait-on lire sur une célèbre affiche du Front national lors des législatives de 1978. Alors même que la « crise des réfugiés » qu’évoquent les media contemporains n’est pas totalement analogue à la situation de la France de la fin des Trente Glorieuses, les reproches adressés aux réfugiés, et plus généralement aux migrants, ont peu changé : ils prendraient le travail des nationaux, accroîtraient le sentiment d’insécurité chez ceux-ci et abuseraient de la bienveillance de l’État-providence. Frayant son chemin dans cette forêt de mythes et de fantasmes, l’économiste essaie de cerner les effets de l’afflux de réfugiés sur l’activité économique et les finances publiques des pays qui y font face, à court terme comme à long terme.

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